Entretien avec Nick Cutter, auteur de Troupe 52

Premier roman horrifique de Nick Cutter (pseudonyme derrière lequel se cache l'auteur de De rouille et d'os, Craig Davidson, lorsque l'envie lui prend de donner dans le genre), Troupe 52 a réussi à donner une bonne frousse au maître de l'horreur lui-même, Stephen King. Aurez-vous les nerfs assez solides pour vous plonger dans cette histoire qui prend aux tripes?

Pourquoi avoir choisi de publier Troupe 52 sous un pseudonyme, sachant que vos livres précédents ont eu beaucoup de succès? Nick Cutter est-il l'alter ego maléfique de Craig Davidson?

Oui, je dirais qu'à un certain degré, Nick est mon alter ego. Je me permets d'écrire des choses sous le pseudonyme Nick Cutter que je n'aurais probablement pas l'audace d'écrire sous mon vrai nom. Je peux oser le bizarre et le téméraire avec une marge de manœuvre que je ne pourrais pas m'accorder dans un genre littéraire plus classique. Je suis donc ravi que Nick existe!

Est-ce que ça stimule votre créativité?

En ce sens que ça me laisse de la latitude pour écrire des histoires que je ne publierais pas sous mon propre nom, peut-être, oui. J'écris de l'horreur, mais aussi de la littérature plus traditionnelle, si on veut – et même si je ne trace pas de ligne entre les deux, les éditeurs le font. Certains d'entre eux, du moins. Ma créativité s'exprime dans les deux genres, ce qui se traduit certainement par une augmentation de ma productivité.

Comment avez-vous choisi votre pseudonyme?

C'est le nom de mon fils! Il s'appelle Nicholas. Il a quatre ans maintenant. On verra s'il trouvera ça brillant quand il sera adolescent – mais bon, à cet âge, tout ce que je ferai ou dirai lui paraîtra ridicule, alors je parie qu'il ne trouvera pas ça chouette du tout.

Qu'est-ce qui vous a attiré vers l'horreur?

J'ai grandi en lisant de l'horreur. C'était ma base. Stephen King, Clive Barker, Robert R. McCammon – et Roald Dahl avant eux, qui n'est pas un auteur de romans d'horreur en soi, mais ses histoires comportent tout de même une part sombre et vilaine. C'est donc vraiment agréable de pouvoir écrire ce que j'ai toujours supposé que j'écrirais en grandissant.

Y a-t-il un auteur que vous admirez particulièrement?

Stephen King, il est... le king. Je n'ai pas de plus grande influence sur le plan de l'écriture.

Quel roman vous a le plus effrayé?

Il y en a beaucoup. Simetierre (Stephen King) en est un bon. De nombreuses nouvelles de King aussi, notamment Le croque-mitaine, qui m'a vraiment fait peur. Il y a aussi Scary Stories to Tell in the Dark d'Alvin Schwartz. Je pourrais en nommer pas mal, en fait!

Quelles ont été vos sources d'inspiration pour Troupe 52?

Pour la structure, Carrie de King. Le travail de John Carpenter également, plus particulièrement son film The Thing. Mais aussi celui de David Cronenberg pour le corps même de l'horreur.

Dans Troupe 52, des articles de journaux, des entretiens et des entrées de registre s'amalgament à la narration omnisciente du roman. Pourquoi avoir fait ce choix structurel?

Dans son premier roman, Carrie, King utilise cette technique et, comme je l'ai mentionné, je m'en suis inspiré. D'autres livres l'ont fait avant et depuis – Le passage de Justin Cronin est un bon exemple. Pour Troupe 52, je trouvais que c'était un bon moyen d'informer le lecteur des événements qui se passent en dehors de l'île, des choses qui se sont produites pour en arriver là, en plus de celles qui ont eu lieu dans la foulée et que le lecteur ignorerait sans ces sections.

De combien de temps avez-vous eu besoin pour écrire Troupe 52?

Environ six semaines. Je sais, c'est rapide!

Avez-vous déjà été scout?

Oui. J'étais un scout terrible, le pire! Je serais probablement mort en forêt après une seule journée. Les loups auraient pu faire de moi un repas facile.